Sommeil et médecine générale
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Sieste

La sieste est un "médicament" qui ne se prend pas à la légère,
lire attentivement la notice pour pratiquer la sieste en toute sécurité.

Il est préférable de savoir faire la sieste plutôt que d’en subir le besoin.
Le site "Sommeil-Médecine générale" considère la sieste comme un véritable médicament du sommeil (nous utilisons le néologisme "Somnicament").
Mais ce "somnicament" est si puissant qu’on ne doit pas le prendre à la légère... En voici la notice, selon le modèle qu’on utilise pour les autres médicaments.

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"Un somnicament, ça ne se prend pas à la légère..."

Nb. Cet article est complémentaire de l’article Chronobiologie de la sieste. La sieste est la clef de voûte de l’équilibre chronobiologique du sommeil.
Pour une information plus détaillée, le professionnel de la sieste (sic) peut aussi se reporter à la notice détaillée : "Sieste : RCP (Résumé des Caractéristiques du Produit)".


SIESTE (notice simplifiée) :

  • IDENTIFICATION DU SOMNICAMENT :
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      Pourquoi pas un véritable dictionnaire pour les "somnicaments" ?
    • COMPOSITION
      La sieste est normalement composée de sommeil lent léger.
      Cela correspond donc à un sommeil relativement léger et il est, de ce fait, assez habituel que le sujet entende certains bruits extérieurs et ne soit pas sûr d’avoir dormi.
    • FORME PHARMACEUTIQUE
      Périodes de temps d’une durée variable, de 5 minutes à 3 heures environ.
    • CLASSE PHARMACO-THÉRAPEUTIQUE
      Inhibiteurs de la somnolence. (N : système nerveux)
    • NOM ET ADRESSE DE L’EXPLOITANT
      La sieste est sous licence d’exploitation libre.
    • NOM ET ADRESSE DU FABRICANT
      Inconnu... mais les recherches sont en cours.


  • DANS QUELS CAS UTILISER CE SOMNICAMENT :


    Ce somnicament est indiqué pour le traitement curatif de l’envie de dormir dans la journée  :

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    Une véritable urgence !


    EN CAS DE SOMNOLENCE AU VOLANT, LA SIESTE EST À UTILISER EN URGENCE
    Nb. mais il y a lieu de s’interroger sur les raisons de cette somnolence excessive, qu’il ne faut pas confondre avec la fatigue...


    Cas particuliers :

    • Sujets du matin extrême et sujets gros dormeurs (Cf. "Déterminez-votre chronotype"). Environ 15% des personnes présentent un besoin naturel de dormir en deux fois sur 24 heures.
    • Somnambulisme, énurésie : la pratique d’une sieste peut s’avérer utile (parasomnies en rapport avec une pression de sommeil lent profond excessive).
    • Narcolepsie : siestes régulières (toutes les deux heures ?) pour prévenir les attaques de somnolence dues à l’absence d’horloge interne.


  • ATTENTION ! CONTRE-INDICATIONS : DANS QUELS CAS NE PAS UTILISER CE SOMNICAMENT :


    Ce somnicament NE DOIT PAS ÊTRE UTILISÉ dans les situations suivantes :

    • Insomnie : La sieste est formellement contre-indiquée en cas d’insomnie.
      Nb. Vous êtes insomniaque dès lors que vous appréhendez de ne pas trouver le sommeil ou/et de vous réveiller la nuit ou tôt le matin.
      Cf l’article insomnie chronique.
    • Fatigue : Vous êtes fatigué si vous vous réveillez "mal en point" (avec des maux de tête notamment) et que vous êtes obligé de vous reposer dans la journée.
      Nb. Ne pas confondre : la fatigue n’induit pas nécessairement la sensation d’avoir sommeil (voir l’article "Fatigue ou Somnolence ?").
    • Court dormeur : Vous êtes court dormeur si, déjà très petit, vous n’aimiez pas faire la sieste (dès la crèche, à la maternelle, en colonie de vacances ...) et si vous mettez des heures à vous endormir le soir, les jours où vous faites exceptionnellement une sieste dans l’après-midi.
      Cf. Quel dormeur êtes vous donc ?

    En cas de doute, ne pas hésiter à demander l’AVIS DE VOTRE MÉDECIN OU DE VOTRE PHARMACIEN.

  • MISE EN GARDE SPÉCIALE :
    Lorsqu’elle est imposée chez l’enfant qui n’a pas sommeil, la sieste peut contribuer à la constitution d’une insomnie chronique à l’âge adulte.
  • PRÉCAUTIONS D’EMPLOI :
    Utilisez ce somnicament avec précaution en cas de sommeil fragile (notamment chez la personne âgée).
    La sieste est déconseillée en cas de syndrome de fatigue chronique ou de fibromyalgie.
    En cas de doute, ne pas hésiter à demander l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien.
  • INTERACTIONS :
    Afin d’éviter d’éventuelles interactions entre un somnicament et d’autres médicaments, il faut signaler systématiquement tout autre traitement en cours à votre médecin ou à votre pharmacien (tranquillisants, somnifères, antidépresseurs, cannabis, alcool, caféine...).
  • GROSSESSE, ALLAITEMENT :
    La sieste peut présenter un grand intérêt dans certaines situations particulières.
    D’une façon générale, il convient au cours de la grossesse ou de l’allaitement d’éviter l’auto-médication et de toujours demander l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien.
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    Respecter les contre-indications ...


  • COMMENT UTILISER CE MÉDICAMENT :


    En règle générale, la bonne sieste ne doit être ni trop longue, ni trop tardive, et l’endormissement doit être rapide (quelques minutes).

    • POSOLOGIE :
      • en cas de privation chronique de sommeil : 15 minutes.
      • le lendemain de nuit blanche : 30 à 45 minutes maximum !
      • en prévention de soirée exceptionnelle (réveillon) : 1 heure à 1 heure et demie.
      • en sas travail de nuit : il est recommandé de faire une créance de sommeil de 2 à 3 heures avant de prendre son poste.
      • Pour le jetlag : on conseille la technique de la sieste "flash" qui consiste à "déposer un acompte de ses dettes" en évitant de trop désynchroniser l’horloge interne et les donneurs de temps extérieurs. (Voir "Jetlag").
    • MODE ET VOIE D’ADMINISTRATION :
      Nb. "À chacun son sommeil, à chacun son conseil ..."
      • dette de sommeil : 15 à 45 minutes en début d’après-midi.
        (La sieste "Flash" qui consiste à consacrer 5 à 10 minutes de détente les yeux fermés pour compenser un à-coup de somnolence doit être réservée aux "professionnels").
      • Petit enfant avant 2 ans : deux siestes de 30 à 60 minutes le matin et en début d’après-midi.
      • enfant entre 2 et 5 ans : proposer une sieste de 30 à 45 minutes en début d’après-midi.
      • travail de nuit : le meilleur rythme semble être de pratiquer deux sommes de 3 à 4 heures avant et après le repas de midi.
      • jetlag : la sieste "flash" trouve ici une bonne indication.
        Le traumatisme chronobiologique que représente le décalage horaire en avion n’est pas à prendre à la légère. Consultez un spécialiste au moins un mois avant le voyage.
    • DURÉE DU TRAITEMENT :
      En règle générale, la sieste doit être occasionnelle et circonstanciée.

  • EFFETS INDÉSIRABLES ET GÊNANTS :
    Comme tout produit actif ce somnicament peut chez certaines personnes entraîner des effets plus ou moins gênants.
    Ont été rapportés :
    • retard d’endormissement le soir ;
    • fractionnement du sommeil ;
    • recrudescence des rêves, des cauchemars ou des impressions de paralysies au cours du sommeil (cf. la "dorveille" du moyen âge [1]) ;
    • ivresse ou sensation de confusion pendant quelques minutes au réveil ;
    • très rarement : désorientation avec comportement psychomoteur automatique (qui peut avoir de graves conséquences accidentologiques ou médico-légales : syndrome d’Elpénor [2] , sexsomnies).
    • Nb. la plupart des troubles fonctionnels (migraines, vertiges, torticolis), semblent liés à la pratique de siestes inopportunes.
      Dans notre expérience, la crise de spasmophilie survient fréquemment à la suite d’une sieste malvenue.
  • SURDOSAGE :
    Insomnie : la sieste trop longue peut donner lieu à une insomnie d’endormissement ou rendre difficile le maintien du sommeil nocturne.
    Fatigue : attention, il faut toujours garder à l’esprit que "l’excès de sommeil fatigue".
  • DATE DE RÉVISION DE LA NOTICE :
    27 mars 2003 (ouverture du site).

    Finalement

    Le bon dormeur est celui qui se couche en confiance et se réveille en forme, et ce, quel que soit son sommeil.
    Dans ce domaine, il n’y a pas véritablement de norme, en dehors du fait que l’être humain est génétiquement programmé pour être actif pendant le jour et dormir la nuit.
    L’être humain fonctionne (comme tous les autres êtres vivants sur cette planète) sur un rythme de 24 heures réglé par une horloge biologique qui est soumise à l’influence de synchronisateurs externes.


    Nous utilisons le néologisme de somnicament pour désigner les différents facteurs qui ont une influence sur cette horloge biologique.



    Une parfaite connaissance du mode d’emploi de la sieste et des sept autres somnicaments [3] s’avère indispensable pour pouvoir s’adapter mieux aux contraintes de temps qu’impose notre monde moderne.

  • P.-S. 
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    Quelques liens externes pour en savoir plus...

    Notes

    [1Il est frappant de constater qu’au moyen âge on connaissait ce sommeil léger de fin de nuit, qu’on dénommait la « dorveille » par opposition au « sommeil du mort » de première partie de nuit, fait de sommeil très profond.
    « Don Quichotte paya tribut à la nature .en dormant le premier sommeil ; mais il ne se permit pas le second., bien au rebours de Sancho, qui n’en eut jamais de second ; car le même sommeil lui durait du soir jusqu’au matin, preuve qu’il avait bonne complexion et fort peu de soucis. Ceux de don Quichotte le tinrent si bien éveillé, qu’à son tour il éveilla Sancho et lui dit : " ... Regarde la sérénité de cette nuit ; vois la solitude où nous sommes, et qui nous invite à mettre quelque intervalle de veille entre un sommeil et l’autre. "

    [2Elpénor, un compagnon d’Ulysse dans l’Odyssée qui, selon la légende, aurait tué son meilleur ami au cours d’un épisode de confusion, survenu au réveil d’un somme de récupération après une longue bataille ...)
    Pour d’autres auteurs plus pragmatiques, ce serait lui la victime d’un éveil confusionnel (provoqué par l’abus d’alcool), et il se serait tué en chutant d’une terrasse.
    Cet état de semi-inconscience est susceptible de favoriser la survenue d’actes délictueux. On lui impute la responsabilité de meurtres ou de viols somnambuliques (Cf.les sexsomnies).
    Le syndrome d’Elpénor est probablement la cause de certains accidents par conduite automobile à contre-sens.
    NB : En dehors de facteurs favorisants (somnifères +++, alcool, privation de sommeil), la confusion du réveil est un signe d’hypersomnie.
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    [3La lumière (ouverture des yeux), la position debout, la chaleur, l’alimentation, les contacts sociaux, la motivation (peur, désirs) et les plaisirs (rire, amour).




    Auteur | Contact | Copyleft | Traductions | derniere modif 1er février 2014.