Sommeil et médecine générale
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Ronflement : Introduction

"Avis aux morts : Il est formellement interdit de ronfler durant son sommeil éternel afin de ne pas réveiller ses voisins qui reposent en paix. (Jacques Kalaydjian, 1925)

Un dormeur sur deux <br>après 50 ans ...
Bruit que produit parfois la respiration d’une personne endormie.
Le ronflement est provoqué par la vibration des structures de l’arrière gorge, à l’occasion de turbulences de l’air au niveau de certains rétrécissements anatomiques favorisés par la chute du tonus musculaire qui accompagne le sommeil.
En pratique, on observe que la fréquence du ronflement augmente avec l’âge, au point qu’il n’est pas facile de recruter (pour des études) des sujets strictement "non ronfleurs" au delà de 50 ans.
Le ronflement est donc fréquent et souvent bénin (pour autant que l’entourage soit bon dormeur.
Mais celui qui "ronfle sur ses deux oreilles" peut aussi souffrir sans le savoir d’étouffements tout au long de la nuit et présenter des symptômes du "syndrome d’apnée du sommeil".
Le ronfleur n’est pas toujours le bon dormeur qu’imagine le sens commun.


Cliquez ici pour accéder à l’article : "Ronflement pathologique, apnée du sommeil".
Nouveau, voir la revue exhaustive des techniques de prise en charge médicalement validée du ronflement : "Exercices pour arrêter de ronfler".


  • Le "sommeil du juste" (de l’innocent) ?
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    Le ronflement est surtout un handicap « social et/ou conjugal », quand le bruit qu’il occasionne est ressenti comme insupportable par l’entourage.
    Pour le corps médical, le ronfleur restait il y a peu, objet de dérision puisque c’était avant tout un excellent dormeur, quelqu’un qui prend beaucoup de plaisir à dormir.

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    Un handicap social ...


    Les historiens nous rapportent qu’il arrivait que l’on grâciât certains criminels au prétexte qu’ils ronflaient de trop bon cœur pour être coupables...!

    • Le ronflement simple peut s’avérer sans conséquences sur la santé du dormeur, mais, depuis la mise en évidence du syndrome d’apnée du sommeil (SAS) en 1976, on sait que certains ronflements sont extrêmement pathogènes.
      (Cf. "Le Syndrome d’Apnée du Sommeil.
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      Ronflement et Apnées Obstructives sévères
    • Le ronflement pathologique nécessite un dépistage et une prise en charge spécifique car les études longitudinales montrent qu’il est en cause dans bon nombre d’accidents (reliés à une somnolence excessive) et qu’il représente un facteur de risque spécifique pour les maladies cardiovasculaires et métaboliques.

      En France, l’exploration d’un trouble respiratoire au cours du sommeil est basé sur les enregistrements du sommeil mais certaines formes cliniques sont très évocatrices (somnolence, polyurie et pauses respiratoires rapportées par l’entourage). Dans certains pays, la simple constatation d’une amélioration subjective sous traitement (sans que l’on fasse d’enregistrement polygraphique préalable) constitue un test thérapeutique qui confirme le diagnostic établi dès l’interrogatoire.

      Le traitement d’un ronflement pathologique nécessite souvent l’utilisation d’un appareil à pression positive continue et le port d’un masque respiratoire tout au long de la nuit (Cf "SAS").

  • Le ronflement simple.
  • Il peut être sans conséquences mais son évolution vers un ronflement pathologique est possible avec l’âge ou en cas de prise de poids.
    Tout dormeur présente naturellement quelques irrégularités respiratoires (des périodes de respirations rapides ou irrégulières ou des pauses).

    Le dormeur émet un bruit respiratoire régulier produit par des vibrations à l’arrière de la fosse nasale par affaissement du voile du palais. Ce bruit est inconstant, sa survenue dépend beaucoup de la position du dormeur (principalement sur le dos) et des conditions ambiantes (chaleur, alcool, somnifères, épuisement sportif, stress...)

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    Ronflement simple (30 s.)


    Un ronflement simple épisodique intervient par petites périodes (au cours des phases de sommeil léger, stade 2) et prédomine en fin de nuit. Il s’accompagne parfois de courtes pauses (30 secondes) qui ne doivent pas nécessairement inquiéter l’entourage.

    NB. Un enfant ne devrait pas être ronfleur...

    Chez l’enfant, contrairement à la majorité de l’adulte, il ne faut pas négliger un ronflement trop fréquent.


    Un avis spécialisé est nécessaire, il doit comporter un bilan allergique et ORL et une polygraphie respiratoire nocturne.

    • Certains enfants guérissent spontanément avec leur croissance qui élargit naturellement le diamètre du pharynx.
    • Certains enfants bénéficient d’une "libération" chirurgicale des voies aériennes par ablation d’amygdales ou de végétations hypertrophiées.
    • Nb. Chez d’autres, un traitement anti-allergique au long cours (par exemple) est parfois suffisant.
       [1]
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    Ronflement et énurésie


    NB. L’énurésie peut parfois résulter d’un syndrome d’apnée du sommeil chez l’enfant.

    • Le ronflement pathologique.
    • La description (souvent fidèle) de reprises respiratoires bruyantes, venant contraster avec des silences impressionnants chez un sujet en surpoids et qui fait la sieste dans la journée, est un bon point d’appel du SAS. (Cf. "Le Syndrome d’Apnée du Sommeil.
      Mais, devant un problème de somnolence diurne excessive, même si le sujet est jeune, mince et non ronfleur, il ne faut pas écarter totalement le diagnostic.


      L’obligation de se réveiller pour aller uriner plusieurs fois au cours de la nuit (avec ré-endormissement rapide) est un symptôme très évocateur de ronflement pathologique.

      Enfin, certaines formes cliniques sont moins bruyantes et la présence d’une somnolence excessive nécessite un enregistrement avec mesure des pressions intra-thoraciques (par une sonde œsophagienne) pour mettre en évidence un "SARVAS" (le syndrome d’augmentation des résistances des voies aériennes supérieures).


    • Le traitement du ronflement est bien codifié.
      • Le ronflement simple peut bénéficier (mais pas toujours) d’un traitement dit "positionnel" fait de petites mesures comme "la balle de tennis fixée dans le dos du pyjama" ou "le soutien-gorge à l’envers" qui visent à empêcher le dormeur de rester sur le dos.

        La chirurgie du voile du palais et de la glotte (UVPP) est une opération fréquemment proposée mais qui présente, selon nous, plus d’inconvénients que d’avantages.

        Les traitements destructeurs (chirurgie lourde ou plus fine au laser et plus récemment par lésion thermique aux ultrasons) n’ont pas fait la preuve de leur efficacité à long terme sur la prévention de l’apnée du sommeil.


        Il existe depuis peu des dispositifs intrabuccaux (les Orthèses d’Avancées Mandibulaires, OAM) qui donnent souvent de bons résultats dans le traitement du ronflement simple et parfois celui du SAS.
        Un site à visiter pour en savoir plus sur les orthèses et leur condition de remboursement par la Caisse Primaire d’Assurance Maladie : AFASO (Association Française Apnée du Sommeil et Orthèse).


        Des études sont en cours pour mieux en définir les indications mais en pratique, elles constituent une bonne solution alternative à la chirurgie où lorsque le dispositif de pression positive est mal supporté.

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        Résultats des OAM sur le ronflement simple
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        Conjugopathies


        Le ronflement simple, lorsqu’il génère un niveau sonore très élevé (jusqu’à 90 décibels [2]), peut être à l’origine d’un problème de voisinage ou de couple.
        On parle parfois de "conjugopathie" (mais il est toujours délicat de pouvoir se prononcer sur le rôle exact "de l’œuf et de la poule").

        L’emploi des Orthèses de bouche est ici une excellente indication et peut aider à dénouer certaines situations (insomnie du conjoint et/ou décision de faire chambre à part).

        NB. La plupart des produits miracles vantés sur les média ne sont pas recommandés par les spécialistes du sommeil.

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        Orthèse d’écartement narinaire ...

        Il ne faut pas croire en l’efficacité durable des produits lubrifiants (spray silence ou douce nuit), et des nombreux gadgets plus ou moins farfelues, (bracelets, écarteurs de narines ...) qui sont commercialisés sans contrôle, notamment sur internet.
        Spray lubrifiants ?
        Comprimés ?
        Oreillers massant ?
        Etc...

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        Beaucoup de traitement illusoires ...


        Voir l’article du site qui fait le point sur l’ensemble des techniques validées pour essayer de contrôler le ronflement simple :

        "Exercices pour arrêter de ronfler.


      • Ronflement pathologique
        Le ronflement pathologique présente deux types de conséquences selon que l’on envisage l’impact sur le sommeil ou celui sur le manque d’oxygène.
        • La fragmentation incessante du sommeil (micro-éveils) n’est pas perçue par le dormeur mais conduit à un tableau de Somnolence Diurne Excessive. (au début, le sujet a simplement besoin d’une sieste).
        • La privation d’oxygène au cours de l’apnée est un facteur de risque pour les pathologies cardiovasculaire et métabolique.

        Cliquez ici pour la suite :
        "Ronflement pathologique, apnée du sommeil".

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    Syndrome d’Apnées du Sommeil


P.-S. 
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Quelques liens externes pour en savoir plus...

Notes

[1L’allergie respiratoire (fréquente) doit toujours être évoquée devant un ronflement de l’enfant. Un traitement-test par anti-histaminiques est utile (à condition d’y penser) pour éviter les problèmes de somnolence et les complications infectieuses qui émaillent souvent le parcours de ces enfants allergiques à bas bruit.
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[2Échelle de valeur du bruit :
En dessous de 20 dB, le son est pratiquement inaudible pour l’oreille humaine.
Les dB commencent à devenir douloureux pour l’oreille humaine au-delà de 80 dB (perceuse électrique),
dangereux à partir de 100 dB (discothèque)
Presque insupportable dès 120 dB. (Concert de rock ...)
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Auteur | Contact | Copyleft | Traductions | derniere modif 13 février 2010.