Sommeil et médecine générale
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Troubles compulsifs médicamenteux

Avertissement à propos du risque d’intolérance aux médicaments dopaminergiques indiqués dans la maladie de Parkinson ou le syndrome des jambes sans repos (Sifrol, Adartrel, Réquip).
Des troubles du comportement (dépendance aux jeux, comportements répétitifs, achats compulsifs, hypersexualité) ont été rapportés chez des patients traités par des médicaments dopaminergiques (Sifrol, Adartrel, Réquip).


L’Afssaps souhaite attirer l’attention des patients et de leur entourage sur ces effets indésirables et recommande une consultation médicale en cas de modification du comportement des patients traités par ces médicaments.

Extrait de la revue de pharmacovigilance JUIN 2007, du CHU d’Amien

Une des premières mises en gardes publiées en France grâce à l’action de quelques bénévoles, et comme il est précisé, sans le soutien de l’industrie pharmaceutique.

COMPORTEMENTS DE JEU « PATHOLOGIQUE », HYPERSEXUALITÉ ET
AUGMENTATION DE LA LIBIDO POSSIBLES AVEC TOUS LES AGONISTES
DOPAMINERGIQUES ANTIPARKINSONIENS OU DANS LE SYNDROME DES JAMBES SANS REPOS


« Au cours des dernières années, les publications se sont multipliées pour décrire sous agoniste dopaminergique utilisés comme antiparkinsoniens, ou dans l’indication du syndrome des jambes sans repos (SJSR), des comportements « compulsifs » : jeu (en particulier d’argent)
compulsif ou « pathologique » mais aussi hypersexualité, majoration de la libido [1].

Il s’agit manifestement d’un effet de classe et aucun agoniste dopaminergique n’apparaît exempt de cet effet indésirable qui est mis sur le compte de la stimulation dopaminergique dans les comportements hédoniques.
Certaines données privilégient le rôle de projections mésolimbiques mésocorticales vers le noyau accumbens et des récepteurs D3 [2]. Ceci pourrait expliquer que les agonistes dopaminergiques qui ont la plus grande affinité pour les récepteurs D3 pourraient plus souvent être mis en cause (exemple le pramipexole : Sifrol).

A titre d’exemple, a été rapporté récemment le cas de deux patients recevant ce traitement pour SJSR… Avant ce traitement, le premier patient, un homme de 64 ans, jouait une à deux fois par an et n’avait pas perdu d’argent tandis que le second, une femme de 54 ans, jouait
plus régulièrement, au bingo une fois par mois et à la loterie deux fois par semaine, déclarant 200 à 300 dollars de pertes annuelles.
L’envie de jouer s’est fortement accentuée après respectivement huit mois de traitement à 0,5 mg/j et 17 mois à 0,75 mg/j. Les deux patients se sont mis à aller au casino, le premier une à deux fois par mois, perdant plusieurs centaines de milliers dollars, et le second une à deux fois par semaine, achetant aussi plusieurs billets de loterie. Après arrêt du traitement, le comportement de jeu compulsif a disparu.

Le risque existe avec des agonistes ayant une moindre affinité pour le récepteur D3, comme le ropirinole (Adartrel) comme dans le cas d’une autre observation de la même publication.
Il s’agit d’une patiente qui n’avait jamais présenté de comportement de jeu compulsif avant de prendre un agoniste dopaminergique et n’avait pas d’antécédents particuliers. Les symptômes de SJSR avaient diminué de manière significative, mais un mois après le début du traitement, à un dosage de 0,5 g/j, la patiente était allée jouer au casino.
Le pramipexole a été réduit puis arrêté pour être remplacé par du ropinirole jusqu’à 1,5 mg deux fois par jour mais elle a ressenti une envie de jouer, encore plus irrépressible avec ce traitement.
Elle allait quatre à cinq fois par semaine au casino, perdant au total plus de 140.000 dollars.
Le ropinirole a été arrêté. Les symptômes de SJSR sont réapparus, mais l’envie de jouer a disparu. Depuis, elle est rarement allée au casino.
Un traitement par gabapentine a été instauré avec succès sur le SJSR et sans effet indésirable notable.

Des observations ont aussi été rapportées récemment avec la bromocriptine (Parlodel), le pergolide (Celance). L’information concernant ce risque jeu compulsif ou « pathologique » comme celui d’hypersexualité et d’augmentation de la libido devraient être ajoutés à l’information médicale de l’ensemble des agonistes dopaminergiques. »

Cf. Les articles du sites en relation avec cet extrait :

Syndrome des jambes sans repos,
Risques des nouveau somnifères,
Parasomnie,
Sexomnies,
Troubles du comportement en sommeil paradoxal,
Interprétation des rêves,

Etc ... retour en page d’entrée détaillée.

P.-S. 

CENTRE RÉGIONAL DE PHARMACOVIGILANCE ET DE RENSEIGNEMENT
SUR LE MÉDICAMENT DE PICARDIE, CHU SUD 80054 AMIENS Cedex 1
Tél : 03 22 45 54 10 / 03 22 45 57 88
Fax : 03 22 45 56 60
Courriel : pharmacovigilance@chu-amiens.fr
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Quelques liens externes pour en savoir plus...

Notes

[1Tippmann-Peikert M et al. Pathologic gambling in patients with restless legs syndrome treated with dopaminergic agonists. Neurology 2007 ; 68 : 301-3.

[2Voon V et al. Prevalence of repetitive and reward-seeking behaviors in Parkinson disease. Neurology 2006 ; 67 : 1254-7.




Auteur | Contact | Copyleft | Traductions | derniere modif 18 février 2010.