Sommeil et médecine générale
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Le Burn Out désigne dans l’industrie aérospatiale, la désintégration par surchauffe des machines à court de carburant.
Le burnout est une maladie de la relation humaine, proche d’un état dépressif, précédé d’une forte charge de stress associé à beaucoup de frustration personnelle.
Son évolution longtemps silencieuse, peut conduire au suicide (en cas de dépression) ou à des conduites à risque pour la santé (tabac, alcool, drogue et médicaments).
Au Japon, Le Karoshi, (ou Karoushi) [1] désigne un décès (tout causes confondues) associés à un temps de travail excessif

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Fatigue ou dépression ?

Le « Maslach Burnout Inventory » est un instrument de mesure développée par Maslach Susan et Jackson en 1981 (USA) pour permettre de tester soi-même son niveau de "burnout".
De nos jours, ce questionnaire conserve toute sa valeur pour aider à mettre en évidence les éléments du cercle vicieux qui conduit à "l’effondrement par surchauffe" . En français, le terme de syndrome d’épuisement professionnel est retenu, d’autres sont également rencontrés comme usure professionnelle ou usure au travail.


A - Épuisement
B - Perte d’empathie
C - Dévalorisation

NB : Burnout ou dépression ?
Voir les articles du site sur le dépistage (Beck) et le traitement intégré de la dépression.


Le Burn Out désigne dans l’industrie aérospatiale, la désintégration par surchauffe des machines à court de carburant.

En 1970, Herbert Freudenreich, psychiatre et psychanalyste,
décrit pour la première fois cette entité qu’il a observée chez des soignants bénévoles s’occupant de toxicomanes (et l’histoire dit qu’il a lui-même souffert de cette fatigue analogue à une "combustion interne").

Par la suite, Maslach a mis au point un questionnaire, le "Maslach Burnout Inventory" (MBI 1981) initialement destiné à la prévention de la dépression chez le personnel soignant affecté par le surmenage professionnel.
"L’importance du phénomène est surtout remarqué au sein des professionnels de santé, chez les soignants de service à risque émotionnel élevé (cancérologie, immuno-hématologie, gériatrie, Sida, réanimation, Samu...), mais aussi chez les bénévoles qui participent aux actions d’aide et d’accompagnement de sujets séropositifs et sidéens au sein d’associations.
Chez cette catégorie professionnelle, on observe fréquemment une attitude de fuite, de désinvestissement du travail, d’absentéïsme répété. En effet prendre son poste de travail quotidiennement devient de plus en plus difficile.
Ailleurs, on observe un "sur-investissement d’activité professionnelle jusqu’à ne plus pouvoir quitter le travail, même si ce travail est inefficace. Ce comportement de présentéïsme est plus typiquement rencontré chez les cadre" (Laurence ALTMANN, thèse de médecine 2000, "Evaluation du stress... ".

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D’après Hebb PO, in "A Textbook of Psychology", Philadelphie, Baunders, 1966.
En cas de surmenage, la volonté et la résistance deviennent contre-performantes.


Au Japon, le "KAROSHI" ("mort par le travail") est un tableau similaire au burnout qui est reconnu comme maladie professionnelle (depuis 1988) quelque soit la catégorie du travailleur

"En ce qui concerne le Karoshi, dans le résultat d’une enquête menée par une compagnie d’assurance (4) sur des hommes de vingt à cinquante ans, 88% des hommes considèrent qu’ils avaient de fortes chances ou quelques chances (37%) de mourir par karoshi. 76,2% d’entre eux déclaraient que leur travail était dur et 80,5% avouaient qu’ils allaient au travail même quand ils étaient grippés. 70% des hommes de vingt à trente-neuf ans considèrent qu’ils travaillent trop et 80% d’entre eux aimeraient voir leurs heures de travail réduites pour profiter de leur famille et de leurs enfants. Au Japon, on recense une dizaine de milliers de morts par karoshi mais dès 1989 déjà, un homme sur huit mourait de mort "brutale" d’après une étude du journaliste Saitou Shigeo". (Forum Japon.com)

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Le fond du puits...


En France, les récentes affaires de suicides survenus sur des lieux de travail soulignent l’importance grandissante de cette forme de pathologie qui n’est pas très éloignée, selon nous, de l’état de fatigue qui frappe les sujets dont le sommeil est inefficace (voir l’article "syndrome d’hyposommeil").

Remarque
Le « Maslach Burnout Inventory » est utilisé pour des situations de stress professionnel dans un souci de prévention et d’amélioration des conditions de travail.
De notre point de vue ce questionnaire devrait pouvoir être adapté à l’évaluation des mères de famille dont le travail n’est pas moins pénible ou stressant que celui de n’importe quel travailleur rémunéré.

Maslach Burnout Inventory (MBI)

Ce questionnaire sert à évaluer trois avis négatifs à propos de son travail, jugé fatigant, inintéressant et peu gratifiant.

Les 22 phrases ci-dessous représentent des sentiments que l’on peut éprouver à propos de son travail.

Répondez svp aux énoncés suivants par « oui » ou par « non » :

I /. Épuisement professionnel


L’épuisement émotionnel témoigne d’une fatigue ressentie à l’idée même du travail. Ces troubles sont souvent considérés comme un "syndrome anxio-dépressif".
Pour Maslach "l’épuisement serait la composante-clé du burnout" et disparaîtrait durant les vacances, ce qui le distingue d’une authentique dépression.

1) Je me sens émotionnellement fatigué(e) à cause de mon travail.
2) Je me sens épuisé(e) à la fin d’une journée de travail.
3) Je me sens déjà fatigué(e) lorsque je me lève le matin et que je vois une nouvelle journée de travail devant moi.
6) Travailler toute la journée avec des gens me fatigue.
8) Je me sens usé(e) par mon travail.
13) Je me sens frustré(e) par mon travail.
14) J’ai le sentiment de travailler trop durement dans ma profession.
16) Le fait que mon travail me mette en contact direct avec d’autres
personnes me stresse trop.
20) J’ai le sentiment de "perdre mon latin".

total de oui : ......./9

-total inférieur à 4 : burnout bas
-total compris entre 4 et 6 : burnout modéré
-total supérieur à 6 : burnout élevé

II /. "Perte d’empathie"


La "perte d’empathie" est un sentiment de déshumanisation de ses rapports aux autres, d’indifférence et de cynisme conduisant le sujet à inhiber toute attitude chaleureuse vis-à-vis de ses clients ou collègues.

5) J’ai le sentiment de traiter certains clients comme s’il s’agissait
d’objets.
10) Je suis devenu(e) plus indifférent(e) aux autres depuis que j’exerce ce travail.
11) Je crains que mon travail me rende moins compatissant(e).
15) Je ne suis pas vraiment intéressé(e) à ce qui arrive à certains
clients.
22) J’ai le sentiment que certains clients ou leur famille me rendent
responsable de leurs problèmes.

Total de "Oui" : ......./5

-total inférieur à 2 : burnout bas
-total compris entre 2et 3 : burnout modéré
-total supérieur à 4 : burnout élevé

Nda. Selon nous, le"virage dépressif" du burnout se produit précisemment lorsque le sujet perd son habituel "goût des autres" pour se renfermer dans la solitude.
Le terme de "syndrome de Sœur Térésa" est souvent utilisé pour décrire le comportement de ces personnes épuisées (fibromyalgiques, "spasmophiles" ou "fatiguées chroniques" ) qui font malgré tout preuve de beaucoup d’altruisme dans leur cadre professionnel ou familial.

III/. Accomplissement personnel


Le sentiment d’accomplissement personnel ou d’épanouissement au travail est indispensable à l’équilibre psychologique (et somnologique).
Dans le cas contraire, la personne, qui s’évalue négativement, va douter de ses réelles capacités et va accumuler encore plus de fatigue émotionnelle dans les situations de stress (ce qui conduit à l’insomnie ).

4) Je comprends facilement ce que mes clients pensent de certaines
questions.
7) Je traite avec succès les problèmes de mes clients.
9) J’ai le sentiment d’influencer par mon travail la vie des autres.
12) Je me sens plein(e) d’énergie.
17) J’ai de la facilité à créer une atmosphère détendue.
18) Je me sens stimulé(e) lorsque je travaille en contact étroit avec
mes clients.
19) J’ai atteint beaucoup d’objectifs valorisants dans mon travail.
21) Dans mon travail, je traite les problèmes émotionnels avec sérénité.

Total de "Non" : ......./8

-total inférieur à 3 : burnout bas
-total compris entre 3 et 5 : burnout modéré
-total supérieur à 6 : burnout élevé

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"Je porte un détecteur de fumée,
le patron dit que je vais tout droit vers le Burnout"

Mesure de la menace de burnout

Les trois sentiments évalués par le questionnaire s’entretiennent par eux-mêmes en véritable cercle vicieux.
Le risque de passage à l’acte (tentative de suicide ou invalidité fonctionnelle) intervient de manière brutale et imprévisible à l’occasion de la décompensation des capacités de résistance du sujet.
Ailleurs, cet état favorise les conduites addictives (tabac, alcool, tranquillisants ou stupéfiants) et favorise la survenue de pathologies intercurrentes.
Celui qui lutte contre le burnout n’a pas conscience de l’existence de ce point de rupture et pense pouvoir tenir (sans, pour autant, être en mesure de modifier sa situation et même d’y songer).


La mesure qualitative de la menace de burnout résulte de la somme :

- des réponses « Oui » des groupes de questions I et II
- et des réponses « Non » du groupe III.

-total inférieur à 8 : burnout bas : "vous devriez envisager d’améliorer quelque chose".
-total compris entre 8 et 16 : burnout modéré :"prenez fermement des mesures"
-total supérieur à 16:burnout élevé : "attention danger, ne restez pas seul(e) à vous en occuper".

Définition et physiopathologie du Burn Out.

Il s’agit donc à la fois :
- d’un épuisement émotionnel ;
- d’une déshumanisation de la relation à l’autre
- et d’un sentiment d’échec professionnel.
Ces éléments étant associés à des conditions de travail difficiles sur des longues périodes.

  • Les causes sont liées d’une part au travail. Mauvaise organisation et/ou une absence de conditions positives, comme le manque de gratification, le peu de soutien professionnel et des objectifs mal définis).
  • D’autre part, des causes sont liées au sujet lui-même, dans le sens d’une vulnérabilité personnelle, d’une faillite dans la gestion de son
    énergie personnelle, d’une vision idéaliste, voire irréaliste de son travail.

Critères de diagnostic d’épuisement professionnel :

  • un état affectif négatif,
  • des conditions de travail négatives,
  • des aspirations idéalistes,
  • une baisse marquée des performances,
  • une absence d’antécédent psychopathologique,
  • un bon fonctionnement antérieur au travail,
  • une amélioration pendant les vacances,
  • une irréversibilité sans aide extérieure.

Comment éviter de brûler ses réserves ?

(d’après http://www.references.be Un site Belge "d’offres d’emploi et d’informations concrètes sur tous les aspects de l’emploi".)


A faire et à éviter en cas d’épuisement
NB. Il est erroné de croire qu’il faut réduire son activité et se calmer un peu. Il est, au contraire, important de rester actif, mais bien sûr dans des domaines et avec des personnes que vous appréciez.

Voici une série de conseils qui vous aideront :

* Faites une chose à la fois : il vaut mieux se concentrer à fond sur une seule chose, plutôt qu’à moitié sur plusieurs.

* Apprenez à planifier : tout le monde manque de temps aujourd’hui. C’est pourquoi il est important d’apprendre à partager son temps efficacement et de définir les priorités ( voir notre dossier sur la gestion du temps).

* Cherchez à découvrir ce qui importe dans votre vie : laissez tomber la vie pressée de temps à autre pour vous concentrer sur ce qui importe vraiment pour vous. Réorientez-vous si vous vous détournez de vos priorités. N’oubliez pas que la vie, c’est bien plus que le travail.

* Apprenez à dire non : même en faisant de votre mieux, vous ne parviendrez pas à tout faire ni à satisfaire tout le monde. Affirmez-vous et osez refuser. Ne reprenez pas non plus constamment les tâches ou les problèmes des autres.

* Ecoutez-vous : Maux de tête, susceptibilité, tendance à vous isoler : ce ne sont pas des signes au hasard. Soyez à l’écoute et intervenez à temps si nécessaire.

* Faites de l’exercice : c’est peut-être la dernière chose qui vous inspire lorsque vous rentrez épuisé du boulot, mais cela en vaut pourtant la chandelle. Vous ressentirez une grande fatigue, mais aussi une grande satisfaction physique après.

* Ne pas se tracasser, mais agir : cela n’a jamais servi à rien de se tracasser. Prenez votre problème en main ou apprenez à le résoudre en en parlant avec de bons conseillers (collègues, connaissances,..)

* Evitez le perfectionnisme : N’essayez pas d’être parfait en tout, un résultat moyen suffit amplement en général. Tout le monde commet des erreurs, et tout le monde en retire des enseignements. Oubliez l’idée que ce que vous faites vous-même sera mieux fait ; osez déléguer.

* Soyez vous-même : acceptez-vous comme vous êtes, avec vos défauts. Votre estime personnelle ne doit pas dépendre de l’avis des autres.

* Faites des choses agréables et sociables : retrouvez vos amis pour faire des sorties, allez voir un film divertissant, allez manger un bout à midi avec vos collègues, lisez un roman relaxant,... accordez-vous ces moments de détente sans culpabiliser.

* Riez ! : Le travail a beau être une chose sérieuse, rien n’empêche pourtant de rire. Ne perdez surtout pas le sens de l’humour. N’oubliez pas de relativiser et de voir les choses dans une perspective large.

Les "somnicaments"

Les somnicaments sont ici, tout particulièrement, indiqués :

  • l’éveil, l’activité : les loisirs et le sport (selon les goûts de chacun) ;
  • le plaisir (sans modération) ;
  • la lumière (le soleil et les ampoules de luminothérapie) ;
  • la sieste (circonstanciée et avec modération) pour pouvoir "surfer la vague" et s’adapter selon ses moyen, aux contraintes de la vie moderne (voir "savoir dormir").

Conclusion

L’apparition, dans un contexte de surmenage, de "Troubles fonctionnels" : handicapants, inquiétants, capricieux et mystérieux est un signe de décompensation des capacité de résistance du sujet.
Voir l’article "Système d’alarme de la fatigue"
On peut rapprocher le burnout du Syndrome Général d’Adaptation (SGA) qui d’après H. Selye en 1946, évolue dans le temps en trois phases :

  • - la réaction d’alarme ou d’alerte,
  • - le stade de résistance ou d’adaptation, parsemées de troubles fonctionnels.
  • - et le stade d’épuisement qui correspondrait au burnout.

On retrouve d’ailleurs ces pathologies parmi les antécédents qui constituent souvent le "parcours du combattant" des sujets qui souffrent de fibromyalgie.


L’interprétation "somnologique précoce de ces symptômes pourrait, selon nous, permettre une meilleure prévention du burnout.


P.-S. 
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Quelques liens externes pour en savoir plus...

Notes

[1littéralement : mort (shi) par surmenage (karou), dictionnaire-japonais.com




Auteur | Contact | Copyleft | Traductions | derniere modif 7 juillet 2008.