Sommeil et médecine générale
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Troubles extrinsèques du sommeil

Le ronflement n’est pas toujours une maladie mais de nombreux ronfleurs sont encore des malades qui s’ignorent.

Diagnostic d’une somnolence dont l’origine est "extérieure" au sommeil.

La somnolence diurne excessive provient d’une cause extrinsèque (d’une autre maladie qui "empêche" le bon déroulement du sommeil).
C’est le cas de pratiquement toutes les pathologies (les malades dorment aussi ...), mais elles n’ont n’ont pas toutes le même impact sur le sommeil.


S’agit-il d’un ronfleur ?

Il faut interroger le conjoint !
Le ronflement n’est pas toujours une maladie mais de nombreux ronfleurs sont encore des malades qui s’ignorent.
La présence de signes de somnolence diurne, inexpliquée par ailleurs, doit conduire à une exploration respiratoire du sommeil.

L’interruption (apnée) ou le ralentissement (hypopnée) de la respiration durant le sommeil provoque une réaction d’éveil nécessaire à la reprise ventilatoire. La répétition de ces micro-éveils tout au long de la nuit entraîne souvent un important déficit de sommeil lent qui se manifeste par une somnolence diurne excessive SDE parfois majeure.
L’examen qui s’impose, la polygraphie respiratoire est simple à réaliser à domicile.
C’est l’enregistrement des mouvements respiratoires, du souffle et de la concentration du sang en oxygène (SpO2) au cours d’une nuit normale de sommeil.
Une analyse automatique des courbes permet, le cas échéant, de poser le diagnostic d’apnée du sommeil.
Ces apnées ont une origine obstructive si le sujet continue ses efforts respiratoires, ou centrale si c’est la commande neurologique qui s’interrompt et que l’enregistrement montre l’absence de mouvements.
Le caractère "désaturant" de ces apnées (ou hypopnées) est déterminant pour juger de leur gravité. Certains malades présentent ainsi des désaturations très importantes malgré un "index d’apnée/heure" modéré.
Le traitement du syndrome d’apnées du sommeil est efficace et bien codifié, de mise au point relativement récente, on l’a considéré comme une "avancée formidable" mais il impose une certaine discipline parfois difficile à faire accepter.

Une autre cause médicale évidente ?


C’est le chapitre des « troubles du sommeil associés à des maladies organiques ou psychiatriques » de la classification internationale des troubles du sommeil (ICSD 1990).

  • Les maladies psychiatriques bien connues (psychoses, dépression, trouble anxieux, troubles paniques...), se caractérisent par leurs symptômes diurnes mais également nocturnes.
  • Les maladies neurologiques sont définies par des signes cliniques précis et les troubles du sommeil font souvent partie du tableau (démences vasculaires ou dégénératives, démence d’Alzheimer, maladie de Parkinson, insomnie fatale familiale (type Creutzfeld-Jacob, maladie due au prion), épilepsie liée au sommeil... ;

Certaines maladies se décompensent souvent au cours du sommeil et peuvent aboutir à un tableau de somnolence diurne excessive (SDE) :

  • insuffisance respiratoire et asthme,
  • ulcère et reflux gastro-oesophagien (RGO),
  • insuffisance cardiaque.
  • diabète et obésité.
  • handicap moteur (hémiplégie, paraplégie).
  • etc ...

Certains agents infectieux sont fréquemment en cause dans l’apparition d’une hypersomnie : l’hépatite virale est très souvent dépistée à cette occasion mais, contrairement à la rumeur qui en fait souvent des "coupables ad hoc" de choix, la responsabilité de certaines infections bénignes comme la mononucléose (virus d’Epstein Barr) est plus incertaine.
Nb. Il faut citer ici l’infection transmise par la mouche tsé-tsé : la trypanosomiase africaine surnommée maladie du sommeil en raison de crises de torpeur (proches du coma) qui frappent les malades.

Les médicaments sont responsables de 30% des cas de somnolence.
L’effet sur la somnolence est bien connu pour certains médicaments (les tranquilisants, les anti-allergiques, les traitements de la toux, de la douleur ...) mais beaucoup moins pour d’autres comme les médicaments de l’hypertension artérielle, du glaucome ou de la prostate ...
Un pictogramme doit prochainement être appliqué sur les emballages de ces médicaments pour mettre en garde les automobilistes à l’aide de trois couleurs (prudence, déconseillé, interdit).
Nb. Les antibiotiques, par contre, sont victimes d’une réputation parfaitement injustifiée, il ne "fatiguent" pas ni ne donnent sommeil.
Plus largement, toute maladie fébrile augmente le besoin de repos. La fièvre désorganise le cycle de la température et la douleur et fragmente le sommeil.

L’effet cumulé de l’âge et des sédatifs ?...

Contrairement à une idée très répandue, l’âge, en lui même, n’est pas une cause reconnue de dégradation du sommeil.
Dans le monde, de nombreuses personnes agées sont très satisfaites de leur sommeil.
En France aussi, un sujet bon dormeur (qui n’a jamais consommé de sédatif) le reste à un âge très avancé.
Les statistiques, qui montrent une augmentation de la consommation de somnifères chez les personnes âgées, ne font que traduire l’influence de plusieurs facteurs favorisants :

  • - Les changements de mode de vie liés à la retraite ou à une maladie intercurrente se répercutent sur le sommeil (de même que l’alimentation d’un sportif qui deviendrait sédentaire).
  • - La banalisation de la prescription de "tranquillisants" (benzodiazépines +++) à fort potentiel addictifs tout au long du parcours médical des sujets.
    Il est rare, en effet, qu’une personne âgée n’ait jamais rencontré ce type de "médicament" à l’occasion d’un événement de vie difficile, d’une hospitalisation, ou d’un trouble fonctionnel.
  • - L’inefficacité (pas toujours fortuite) du message délivré aux prescripteurs et utilisateurs.

    Les premiers somnifères n’ont pas réellement fait l’objet d’études préalables à leur mise sur le marché. (Il faut se souvenir que le Librium° (précurseur du Valium°) est apparu sur le marché américain en 1958 seulement).
  • - Le non-respect des règles de prescription.
    En France, elle se limite à 4 semaines (y compris la période de sevrage) alors que le renouvellement est très souvent systématique compte tenu de l’impossibilité certaine d’un sevrage brutal. (Cf. la spirale des somnifères).

Les Malades dorment aussi ...

Un mauvais dormeur malade ou un malade mauvais dormeur ?

Il y a lieu, par cette formule, de souligner la nécessité de mieux prendre en compte les notions d’efficacité du sommeil dans le cadre des autres pathologies.
Quel que soit le contexte et la maladie qui passe au premier plan, le malade était peut-être déjà un mauvais dormeur...
La prise en compte de l’efficacité du sommeil nous paraît importante pour améliorer la qualité de vie de tout malade.
La somnologie reste trop souvent cantonné au domaine psychiatrique ou neurologique. Une prise en compte beaucoup plus large du sommeil définit le concept de "somnicologie"




Auteur | Contact | Copyleft | Traductions | derniere modif 12 novembre 2009.