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La qualité du sommeil dépend en réalité de la qualité de l’éveil.
Les "Somnicaments" (les médicaments naturels du sommeil) sont au nombre de six :
la sieste, la lumière, la chaleur, l’alimentation, les rapport sociaux et le plaisir.

On peut se les procurer au travers de la pratique du sport, des passions de toutes sortes, du rire et de l’amour.
Les combinaisons de somnicaments, permettent de potentialiser leurs effets pour améliorer l’efficacité du sommeil.
"dormez mieux dormez peu, vivez mieux"
Il est frappant de constater que tous les "somnifères" provoquent exactement le contraire ... ils allègent le sommeil et donc, au début, le rallongent artificiellement : Celui qui veut dormir pense y trouver son compte dès lors qu’il pense qu’il lui "faut dormir à tout prix".
Pourtant, quel que soit le "produit miracle" (phytothérapie, gogothérapie ou autres dilution illusoires ...) , ce schéma de pensée est "somnotoxique" et conduit inexorablement au cercle vicieux cognitif et comportemental de l’insomnie.
À l’inverse, les somnicaments naturels qui permettent d’agir efficacement sur les horloges biologiques conduisent à rester performant.
Selon nous, dans le monde de demain, il est indispensable de savoir quand et comment les utiliser.
Nos "horloges internes" sont mise à l’heure quotidiennement par des "donneurs de temps" qui sont les éléments extérieurs susceptibles de modifier la période (le mouvement) de chacun des deux balanciers, dont l’équilibre conditionne la qualité du sommeil.
Voir l’article "Chronobiologie du sommeil" : l’horloge cicadienne et le sablier homéostatique.
Leurs combinaisons, comme dans le sport en plein air, les sorties en famille, le voyage de noce (sic) ou l’investissement dans des associations militantes, par exemple, offrent de nombreuses possibilités de potentialiser leurs effets.
Il est important de comprendre que les somnicaments agissent sur l’horloge circadienne en exerçant un effet qui dépend du moment où il interviennent. c’est comme pour lancer une balançoire. Selon à quel moment on pousse, cela peut accélérer le mouvement ou au contraire le ralentir. C’est ce qu’on appelle "l’effet de réponse en phase."

Plus on se rapproche du point médian du sommeil (autour de 04H) et plus l’effet est puissant. Cette propriété est mise à profit dans la gestion des décalages horaires (Cf. "Jetlag").
C’est le plus puissant des somnicament. Il s’oppose à la somnolence diurne en diminuant la pression de sommeil qu’exerce le sablier homéostasiquequi enregistre (en quelque sorte) le temps de sommeil.
On dit que 20 minutes de sieste peuvent compenser une nuit blanche.
La sieste est, en effet, très efficace pour diminuer la pression de sommeil. C’est donc logiquement une contre-indication à l’insomnie mais un outil précieux contre la somnolence diurne excessive.
Ni trop longue, ni trop tardive (il faut respecter le mode d’emploi), elle a l’avantage de respecter l’horloge interne.
Il faut la préférer à la grasse matinée qui retarde cette horloge et favorise d’avantage les difficulté à l’endormissement.
La sieste (Voir le "mode d’emploi") est "une arme puissante mais à double tranchant et à manier avec précautions.
Voir la "Notice grand public" : Tout ce qu’on devrait apprendre dès l’école ...
Voir la "Fiche RCP", le résumé destiné aux professionnels .
"Demandez conseil à votre médecin ou votre pharmacien".

Le soleil est un somnicament.
Profiter, quand c’est possible, du soleil dès le matin (éviter la grasse matinée) et, dans la journée, éviter de faire la sieste.
La thérapie par la lumière au moyen de lampes médicales. a fait la preuve de son efficacité.
En cas de retard de phase on préconise le port de lunettes de soleil en fin de journée.
La lumière a un autre effet sur la qualité de l’éveil et qui n’est pas lié à la mélatonine,
La programmation d’un réveil très précoce, associé à la luminothérapie et au sport dès le matin, et le port de lunettes filtrantes en fin de journée, permet au contraire d’avancer peu à peu l’heure du coucher et de lutter contre le retard de phase (du dormeur qui n’arrive pas à dormir avant 4 h du matin)
Nb. Inversement, on conseille chez les travailleurs de nuit le port de lunettes de "chromothérapie" spécialement étudiées pour filtrer certaines fréquences de la lumière et éviter ainsi de stimuler l’éveil lors du retour au domicile.
Il est démontré que la température du corps a une grande influence sur les rythmes de la vigilance.
La pratique du sport est le moyen le plus rapidement efficace pour augmenter la température de l’organisme.
Inversement, la privation de sommeil se manifeste par une baisse de la température centrale qui contribue à augmenter la pression d’endormissement.
En dehors du sport , la balnéothérapie chaude, le sauna, le hammam et les bains de soleil sont donc des mesures qui favorisent l’ascension thermique diurne et la production d’onde lente au cours du sommeil.
L’effet traditionnel prétendûment curatif des bains d’eau, de boue ou de sable chaud sur les rhumatismes y trouve probablement son origine.
Cet effet chronobiologique peut être mis à profit dans le cadre de la prise en charge de la fatigue.
Nb. On peut voir ici, selon nous, une possible explication physio-pathologique du "syndrome prémenstruel".
Ce syndrome, dont souffrent certaines femmes à l’approche des règles, associe une baisse de tonus, des troubles fonctionnels douloureux et des troubles du caractère et de l’humeur.
Selon nous, son origine tient plus de la baisse d’efficacité du sommeil (en relation avec la modification de la température du corps lié aux climat hormonal) qu’à l’influence de la lune ou du chromosome "Y".
Nos grand-mères avaient donc raison. "Le sport est bon pour le sommeil ..."
La pratique régulière d’une activité physique d’endurance est une des clés du traitement de la fatigue et de l’insomnie.

Comme la lumière, l’exercice physique (modéré) a démontré un effet directement stimulant sur la vigilance (d’où l’équipement des aires de repos autoroutières).

Comme la lumière également, le sport à montré un effet en réponse en phase sur la période du rythme circadien (Cf.)
Après un décalage horaire (Cf.), plus l’activité physique est importante, plus la vitesse de re-synchronisation des rythmes l’est également.
Il faut inversement se méfier des activités très physiques le soir (sport, boites de nuit...) car elles ont alors le même effet qu’une lumière forte : elles retardent le sommeil les jours suivants.
Le gène circadien, l’heure des repas ... et l’équilibre du poids Chez l’animal de laboratoire qui dispose de nourriture en abondance, les « repas » sont spontanément répartis régulièrement dans la journée et le poids reste stable. Qu’il soit diurne ou nocturne, le rythme (circadien) du sommeil ou de la température du corps est synchronisé avec le cycle lumière-obscurité par le truchement de la mélatonine.
Des travaux précédents avaient mis en évidence le rôle d’un géne appelé « Period » dans la capacité de l’ensemble de l’organisme à évaluer le temps ( le « time-keeping »). La mutation du gène (appelé ici « Period2 ») qui est à l’origine du rythme circadien a entrainée également une profonde perturbation du rythme des prises alimentaires avec un manque d’anticipation de nourriture aux niveaux comportementaux et physiologiques. Les chercheurs de l’université de Fribourg et de l’université Louis Pasteur /CNRS) ont donc identifiés le premier gène capable de prévoir la synchronisation de la disponibilité de nourriture et de l’éveil et d’anticiper l’heure des prises alimentaires..
Ces animaux de laboratoire trans-génique ont permis par ailleurs d’étudier séparément l’effet des donneurs de temps externes.
La lumière a ainsi prouvée son importance par l’intermédiaire de la mélatonine. Sous éclairage constant, le contrôle du rythme du repas est aussi un effecteur donneur de temps (« time-giving » ou "Zeitgeber"). Il est assez puissant pour remettre à zéro la synchronisation physiologique de la plupart des organes, y compris le foie (qui est très actif dans la digestion).
Les fluctuations de la température corporelle et le rythme du sommeil se synchronisent donc également sur le rythme de la digestion.

En terme d’impact sur le rythme circadien, les chercheurs ont constaté sur la souris que, contrairement au rythme veille sommeil (du cerveau) l’entrainement des autres différents organes par les repas programmés n’est qu’assez peu affectée par les mutation génétique de Périod. Cela suggère que ce gène n’est pas crucial pour la régulation alimentaire et affecte peu la coordination physiologique des tissus en dehors du système nerveux central.
Cela explique que certaines espèces de rongeurs (affectées d’un rythme interne peu marqué) peuvent inverser leur rythme veille-sommeil (ainsi que le rythme de leur température centrale) par rapport au signal jour-nuit transmis par la mélatonine. Selon l’heure où la nourriture est disponible, ces animaux peuvent indifféremment adopter une physiologie diurne ou nocturne.
Contrairement au signal du jour, dont on sait qu’il est capté par des cellules spécifiques de la rétine, on ne connait pas la nature exacte des récepteur qui transmettent à l’ensemble de l’organisme le « signal de temps » en rapport avec les prises alimentaire.
Au niveau cérébral, par contre, on sait que des neuromédiateurs comme l’orexine-hypocrétine exercent un action commune dans l’équilibre du sommeil, tout autant que dans celui de la balance énergétique. Le « système des endoCB » est un réseau de neuromédiateurs, de découverte récente, très prometteur dans des domaines aussi variés que la douleur, le sommeil, le poids, l’humeur et peut être même l’immunité.
L’heure et la nature des repas doit donc être pris en compte parmi les somnicaments. Son importance a été démontrée dans les situations de travail de nuit tournant ou de jetlag (Cf.sur le forum du site)
Il est recommandé d’éviter les repas nocturnes (et spécialement les matières grasses), quitte à devoir fractionner le sommeil diurne pour conserver le repas principal dans la journée.
Ces recherches laissent espérer une meilleure compréhension des rouages de l’horloge cérébrale impliquée dans les troubles chronobiologiques qui sont à l’origine de l’insomnie et de la fatigue. Ils trouvent aussi d’autres applications des domaines beaucoup plus vastes comme la prise en charge de l’obésité, ou de la douleur.
Plus en avant, on peut espérer que la mise évidence de la façon dont ces secteurs agissent l’un sur l’autre permettra une prise en charge plus « somnologique » des pathologies psychiatriques comme la dépression ou la démence.
Encore plus largement, il est possible que ces conceptions trouvent dans l’avenir, une application pragmatique dans la recherche de la performance et du bien être. On sait que, plus encore que les privation de sommeil, les perturbations chronobiologiques ont un impact très importants sur l’humeur, les capacité de concentration, la mémoire, et l’expérience du plaisir.
Il est très important de connaître et de mesurer l’importance du signal temporel que représentent l’alimentation.
Certaines insomnies sont en relation avec des erreurs d’ordre alimentaires.
il n’est pas conseillé aux travailleurs postés de décaller le rythme du repas de midi ;
certains bébés ne "font" jamais leur nuit parce qu’ils ont faim à contre temps. le biberon la nuit entretient la contre-phase du sommeil.
Attention, il faut que les choses soient bien claires, il n’y a pas d’horloge qui sache déterminer génétiquement l’heure du repas, il n’est pas obligatoire de manger à midi comme le font la plupart des gens par habitude. (autres pays autres mœurs).
En clair, la mélatonine n’agit pas sur l’appétit. C’est l’inverse : ce sont les repas qui participent chez nous (pour partie) à synchroniser le rythme d’activité et de sommeil.
C’ est pour cette raison qu’il faut savoir utiliser les repas comme des « somnicaments » ... D’ailleurs, le vocable « déjeuner » signifie arrêt du jeune et il est souhaitable de s’en souvenir lorsqu’on ne déjeune pas, car on se prive d’un signal temporel fort à un moment clé de la mise à l’heure du système.
Contrairement aux apparences, le plaisir n’est pas le plus simple des somnicaments à se procurer.
Il faut (au moins) savoir ne pas "forcer" contre soi-même. En règle générale, les sujets victimes de fatigue et de troubles fonctionnels ne savent pas s’offrir le "loisir" de consacrer un peu de temps pour eux à se faire plaisir.
Tous les loisirs et toutes les passions sont propices au sommeil parce que le temps que l’on y consacre conduit souvent à réduire proportionnellement le temps que l’on consacre sa attendre le sommeil.
Nb. Cette propriété du plaisir à comprimer le sommeil ne doit pas, pour autant, engendrer une "Somnolence Diurne Excessive" par insuffisance de sommeil, comme c’est le cas pour 10 à 20 % de nos contemporains.
Les sujets jeunes, souvent peu conscients des limites de leurs capacité de résistance, peuvent verser dans un état d’hyperéveil pathologique.
Attention. C’est souvent à l’occasion d’une décompensation chronobiologique (inversion du cycle jour/nuit) que débutent des troubles du sommeil comme l’insomnie primaire ou la fausse hypersomnie.

La cohésion du groupe (milieux militaires, sportifs, religieux, certains groupes d’étudiants...) joue un rôle déterminant sur l’entraînement des rythmes biologiques.
Selon nous, la position debout, que les humains adoptent normalement au réveil le matin, pourrait bien être le médiateur d’un donneur de temps important pour l’horloge interne.
C’est pour cette raison qu’il est impératif de se lever des le réveil le matin.

"Vivez joyeux, les gens joyeux guérissent plus vite" disait Rabelais.
Un professeur japonais (Yoji Kimura, professeur en sciences de la communication à l’université d’Osaka a inventé une machine pour mesurer le rire avec une nouvelle unité, le "ah".
Il a découvert que "le rire des enfants est le plus spontané, avec 10 ah par seconde, soit deux fois plus que celui des adultes".
"comprendre le mécanisme du rire est la clé d’un secret de l’âme humaine" dit-il et il croit l’humanité "capable de passer, après un "siècle de guerre, à un siècle d’humour et de tolérance".
Nous pensons comme lui que "le rire permet à l’homme de repartir du bon pied, "comme le redémarrage pour un ordinateur" (sous windaube, bien évidemment, Nda).
La puissance du rire qu’on observe chez l’enfant , et si rarement chez le sujets déprimé, pourrait être mise en relation avec la qualité de leurs sommeil respectifs.
Ainsi, le rire serait un somnicament à part entière et son appropriation en thérapeutique du bien être n’est pas une utopie.
La rigolo-thérapie est utilisée avec succès dans les services de pédiatrie et seuls les esprits chagrin songeraient à critiquer la valeur scientifique de la démonstration.
Ces faits sont à rapprocher de la franchise du sourire que l’on rencontre sur le visage des gens qui vivent dans l’extrême simplicité des sociétés traditionnelle.
Il y a statistiquement beaucoup moins de problèmes d’insomnie ou de dépression dans les pays ou chaque événement positif fait l’objet d’une grand joie et que, par exemple, "quand le ventre est bien remplis, le cœur est plein d’allégresse". ("Barriga llena corazón contento").
Le rire serait-il l’apanage des bon dormeurs ?
Une parfaite connaissance des somnicaments est donc indispensable à la prise en charge comportementale de l’insomnie et des rythmes imposés.
Comme pour tous médicaments actifs il faut en connaître les limites et les effets indésirables.
L’inertie du système et les problèmes souvent associés de sevrage médicamenteux contribuent à mettre parfois en échec les premières contre-mesures, mais la mise au jour des anciens schémas contre performants sera peu à peu définitive si elle est bien comprise.
À chacun son sommeil, à chacun son info, il faut comprendre avant d’agir... .
