|
Toutes les versions de cet article :
Thoraxsamedi 30 décembre 2006Les douleurs de la poitrine ne sont pas souvent abordées sous l’angle du sommeil mais de nombreuses situations d’urgences ressenties restent sans diagnostic, si l’on ne tient pas compte de cet aspect des choses. Lorsque tous les examens complémentaires de cardiologie sont rassurants, il faut savoir que la fatigue peut s’accompagner de douleurs thoraciques souvent très inquiétantes. Inquiétants, handicapants, capricieux et au final rassurants ... ce sont les signes cardinaux caractéristiques des troubles fonctionnels en rapport avec une situation de sommeil inefficace.(Voir l’article "Troubles Fonctionnels sur le site). Les causes de cet "hyposommeil" sont le plus souvent d’origine chronobiologique. Pour exemple, cela peut se produire dans les suites d’un décalage horaire, comme d’une grossesse, d’un surmenage ou même d’un arrêt brutal de l’entrainement chez un sportif. Selon les théories les plus communément admises (et en vigueur), ces douleurs thoraciques inexpliquées ( les "précordialgies atypiques") seraient un des signes d’une maladie psychologique, d’ordre anxieuse ou dépressive. Même si cela peut parfois être le cas (et cela reste à démontrer) , nous nous inscrivons en faux contre cette approche réductrice qui ne tient pas compte de l’importance de la qualité du sommeil dans les syndrome douloureux.
Selon le sens commun, le thorax est le siège de la vie. Toute anomalie ressentie à ce niveau a valeur de signal d’alarme et impose un avis médical.
Dans la majorité des cas, pourtant, le bilan est normal et le sujet retourne chez lui sans diagnostic. Dans les faits, cette gestion prudente des « urgences ressenties » mobilise donc de gros moyens parfois injustifiés et participe grandement à l’encombrement des services d’urgence. « trop de soucis »Mr T., cadre de 56 ans, est pris au cours de la soirée par une violente douleur dans la poitrine et appelle le Samu sur les conseils téléphoniques de son médecin traitant. A l’arrivée, les caractéristiques et le siège de la douleur (en coup de poignard) ne suscitent que peu d’inquiétude mais la tension est un peu haute et l’électrocardiogramme n’est pas suffisant pour éliminer une urgence cardiaque.
NB : La description de la douleur (en étau), certaines positions des mains (sur la poitrine) sont, plus évocatrices d’un problème coronarien pour un médecin, mais il existe beaucoup de douleurs plus atypiques.
Plus tard, on apprend que Mr T. est en grande difficulté professionnelle (chômage menaçant) et familiale (depuis le décès accidentel de son fils). Il n’a pas d’antécédents particuliers mais il a déjà appelé deux fois le Samu cette année : une fois pour des migraines insupportables (où il croyait faire une attaque) et une fois pour des coliques terribles (où les médecins ont parlé de « gastro-entérite »).
« trop de travail »Mlle M est kinésithérapeute indépendante et élève ses trois enfants. Elle se présente deux fois aux urgences pour des douleurs mal définies qui commencent à l’inquiéter. Compte tenu de ses connaissances en médecine, elle pense qu’il pourrait s’agir d’un problème cardiaque mais les médecins des urgences lui affirment qu’elle n’a rien. Le cardiologue qu’elle consultera en ville lui parlera de « stress » et lui ordonnera un tranquillisant de longue durée d’action qui fait disparaître les douleurs mais Marie pensera « qu’elle en fait trop et qu’elle doit se ménager ». Elle décide de limiter son activité professionnelle et son activité sportive. Plus tard, Marie consultera pour insomnie et son médecin diagnostiquera une dépression nerveuse ... « plus le temps »
Pourquoi déplacer le SAMU ?Il n’y a que le niveau d’angoisse ressentie qui puisse déterminer le choix de l’appellant.
Les « précordialgies atypiques » font partie des motifs d’appel médicaux (au "15" , Samu, sos ...) les plus fréquents en urgence.Dans ce contexte où elle ne traduisent aucune lésion, ont dit qu’elles sont d’origine "nerveuse". Malgré l’inquiétude réelle de l’appelant, Le niveau de gravité est nul (mais la douleur est pourtant bien bien réelle).
Selon notre hypothèse, les douleurs inexpliquées de la poitrine sont souvent de simples signaux de fatigue dans un contexte d’inefficacité du sommeil.
L’approche somnologique est de nature à proposer un traitement spécifique.En urgence, le traitement de la crise repose sur les « calmants » du système nerveux qui sont le seul moyen de diminuer le « bruit de l’alarme ».
Voir la page Quel dormeur êtes vous donc ? pour les questionnaires de médecine du sommeil.
Forum du site
|
contact@sommeil-mg.net |
Plan du site |
Dernière modification de cette page le .
Le site "SMG" est libre de droit de reproduction (copyleft). Site réalisé avec SPIP Merci à Karine Roumache et Victoire Bancelin Selinsky pour les traductions |